Une souffrance qui réveille

Je suis allée au salon du livre, cette semaine et je me suis procurée Anticancer. de David Servan-Schreiber. Quel bouquin! Ce gars-là est vraiment merveilleux. Ce livre, je ne le lis pas, je le bois.

Aussi, je me rends compte qu’il fait une synthèse de tous les livres que je me suis tapée en référence à l’alimentation depuis 10 ans. Il confirme aussi certaines intuitions que j’avais en plus de m’en apprendre énormément sur le cancer en général et sur le système immunitaire en particulier. De plus, il me confirme l’aveuglement et l’obstination de la médecine moderne devant des réalités que les médecins ne contrôlent pas : si ce n’est pas prouvé ça n’existe pas, pense-t-ils.

Ce gars-là est franchement humain. Sa transformation de scientifique pur et dur à un clinicien-chercheur attentif à la souffrance des autres est vraiment révélatrice. Aussi, il me fait prendre conscience à quel point notre vie peut-être bâtie sur des valeurs stupides, vides et éphémères. Je le savais déjà, mais l’impact est plus vif, plus réel puisque ça mène à la maladie. Il en fait un lien très direct.

Je réalise à quel point le cancer de mon amie Zoé me fait cheminer. On dirait que tous les voiles que je portais, tous les masques, tous les mensonges que je me comptais pour justifier ma vie de bonne travailleuse/citoyenne viennent tous de tomber. Je ne peux plus continuer comme ça. Je ne peux plus faire l’autruche. Je prends conscience que toute ma vie au travail, j’ai joué un rôle. Tout était basé sur l’efficacité au détriment du ressenti. Heureusement pour moi, ma vie familiale a échappé à ce désastre. Quelle bénédiction! Au travail, c’est une autre histoire. J’ai tellement voulu plaire à l’autorité, surtout que je suis adjointe de boss depuis si longtemps, que j’ai oublié, ou plutôt que j’ai nié ce que la production pouvait causer comme dégâts chez les gens et à quel point ça pouvait nuire aux relations de travail. Évidemment, nous sommes tous dans le même bain, mais quand on met sa santé en danger juste pour sortir plus de produits sur le marché qui ne servent pas à grand chose, produire plus de rapports que l’on fout à la poubelle, ça me donne le mal de cœur. Je me dis que si je mettais cette énergie pour aider les autres ou apporter un peu de baume sur leur souffrance, au moins cette méga production de cortisol aura servi à quelque chose de bien. Évidemment, il faut produire, mais il faut que ça s’arrime avec nos valeurs. Pour moi, la production de biens matériels ne me convient pas, encore faut-il que les biens matériels soient au service du bien-être des humains.

Ce livre aussi me permet de bien comprendre les étapes que mon amie franchit et j’espère être une meilleure amie pour elle. Au moins, ça me permet de démystifier ce qu’elle vit. Il me semble que je saurai mieux communiquer avec elle. Ça a l’air un peu fou ce que je dis mais franchement, je dois avouer que parfois je cherchais les formules magiques. Encore une fois, je crois que j’étais victime encore de notre société qui base tout sur l’action et la performance plutôt que sur l’être et le partage.

Un proverbe turc dit que ce que l’homme n’apprend pas par la sagesse, il l’apprend par la souffrance. J’espère seulement que la leçon sera bien apprise. Seul l’avenir me le dira.

 

samedi 19 avril 2008 - Publié dans la catégorie Réflexion | | 0 Comments

Femme violée - évitement de l’Église

Une femme violée il y a 40 ans demande compensation et une rencontre avec le Cardinal Ouellet. Elle reçoit une réponse froide, bureaucratique et n’aura pas sa rencontre.

 

Depuis plusieurs années, l’Église catholique fait face à de nombreux scandales à caractère sexuel et a vu ses coffres se vider pour d’abord taire les poursuites et, après avoir perdu le contrôle, négocier des règlements. Je ne pleurerai pas personnellement sur le sort de l’Église avec un tel déni de la nature humaine. D’autant plus que dans le temps, les prêtres ne se présentaient pas par simple vocation mais parce que ça faisait bien d’avoir un prêtre, un avocat ou un médecin dans la famille. Ces hommes-là n’étaient pas en mesure d’assumer le célibat avec toute la spiritualité et le symbolisme qui doivent accompagner un tel choix.

 

Pire encore, on sait que le célibat imposé par l’Église l’est en fait depuis le concile de Trente (1545-1563) seulement et n’a rien à voir avec le sacré. Cela permettait aux prêtres d’être entièrement disponibles pour la mission de l’Église et cette dernière justifie cette orientation en transformant la prêtrise en une caste supérieure, proche de Dieu et de sa perfection, et, renforçant aussi l’idée que la femme est impure, méprisable et toujours aussi responsable de la chute de l’homme. Bref, vaut mieux s’en éloigner. On est loin du caractère spirituel de cet engagement.

 

Faut pas s’étonner donc de ces scandales. Toutefois, dans le cas présent, comme dans tous les cas d’ailleurs, le Cardinal Ouellet pourrait au moins intervenir auprès de cette victime, s’intéresser à son sort et au sort de l’enfant, si cela est encore possible, pour leur apporter du réconfort, du soutien et de la compassion. Le pape Paul IV a déclaré l’Église experte en humanité, je ne vois pas pourquoi cette idée prend toute son importance dans la politique et est jetée à la poubelle dès que sa communauté est prise en défaut.

 

L’Église refuse de se remettre en question. Elle agit comme un vieux « snoro » qui exige le respect absolu et qui se sent au-dessus de tout. Cela va la perdre… et c’est bien commencé.

jeudi 17 avril 2008 - Publié dans la catégorie Vivre sa foi au 21e siècle | | 0 Comments

Lutte contre un cancer ou contre nos peurs?

Comment parler d’espoir lorsque l’on fait face à une maladie comme le cancer? Comment parler d’avenir aussi. Mais peut-on parler d’avenir?

Mon amie me regardait avec tout le désespoir que l’on peut comprendre alors qu’elle attendait le début des traitements de chimiothérapie. Autant, elle abhorrait cette situation autant elle avait hâte d’y arriver… pour qu’on en finisse. Les traits tirés, le regard embué, des paroles hachées, elle hésitait à parler d’avenir. Tranquillement, je la questionnais pour connaître le fond de sa pensée. Avait-elle peur de ne pas guérir? Pourtant sa réponse me surprenait davantage. Elle a peur de changer de vie; cet inconnu, lui donne la trouille.

De l’autre côté de la table, j’économisais mes paroles. Je ne voulais rien dire de stupide. La peur de minimiser la situation enlève toute spontanéité au dialogue. L’équilibre entre rester vrai et réfléchir chaque parole demeure délicat. Est-ce parce qu’on parle si souvent à travers notre chapeau, que devant la vraie vie, nous devons peser chaque mot pour éviter de dire des niaiseries? Cette hésitation devant un langage pesé, réfléchi, vrai et ressenti en profondeur me dérange carrément. Jouons-nous à ce point un personnage qui n’est pas soi? L’équilibre entre le silence pour faire place à l’écoute et les paroles réconfortantes, me semblait si précaire. Je voulais émettre la Parole, celle qui apaise, qui te classe parmi les prophètes. Je voulais lui donner une recette du genre : comment-passer-sereinement-à-travers-toute-souffrance-en-attendant-la chimio,-la radio-le déclin,-les-vomissements,-et peut-être-la-mort-au-bout-de-tout-ça….Bref, sortir quelque chose d’intelligent. En vain.

Elle se demandait si elle avait vraiment le goût de vivre. Elle me raconte qu’elle a pris conscience d’avoir vécu une vie déguisée pendant 51 ans pour se retrouver une fois de plus, face au cancer. Elle sait qu’elle devra pourtant changer de vie, qu’elle ne peut plus renier sa « fausse vie ». Et pourtant elle a peur. La peur de changer de vie plutôt que de mourir???? Là, vraiment, je ne savais plus quoi dire. Il me semblait qu’il était inutile de donner de l’espoir pour qu’elle passe à travers ses traitements. En même temps, je sentais qu’elle avait terriblement besoin de s’accrocher. Une journée à la fois, lui ai-je finalement dit. Quel triomphe dans l’art du réconfort!

À suivre….

mardi 15 avril 2008 - Publié dans la catégorie Réflexion | | 0 Comments

Le combat de Zoé

La semaine dernière j’étais assise dans un joli café de Québec en compagnie de ma collègue de travail. Cette femme est devenue une amie instantanée, une sorte de révélation amicale qui ne se produit généralement qu’à l’adolescence. Lorsque nous sommes ensemble, il me semble qu’une aura nous enveloppe et le temps s’arrête.

Seulement, cette amie, que j’appellerai Zoé ici, combat le cancer du poumon. Elle est présentement en attente de son diagnostic final qui décidera de la thérapie à suivre. Elle n’en est pas à son premier cancer, 16 ans plus tôt, à l’âge de 34 ans, elle a du se battre contre un cancer du sein. Elle est une survivante, et elle survivra encore.

Mais voilà, elle et moi le lendemain de la mauvaise nouvelle, on a décidé de faire un bilan de vie et de « s’autocoaché » dans ce bilan. Et oui, elle 50 ans en congé de maladie, moi 45 ans avec rien de spécial, croyons fermement qu’il est temps de vivre sa vie. Moi aussi je suis une survivante : survivante de maladies affectives qui ont volé une bonne partie de mes rêves. Aujourd’hui guérie, j’ai envie de faire quelque chose… mais quoi? Zoé, elle, n’a plus envie de gaspiller son talent. Et quel talent! Le cancer lui rappelle qu’il est grandement temps de s’y mettre. Ça a l’air fou de prendre ce pari alors que sa vie est fortement bousculée par cette maladie, mais cette folie contient sa guérison. Et de ma propre guérison, je tiens à y donner un sens.

Pensez-vous qu’elle est en train de se morfondre? Jamais de la vie! Bien qu’elle sache qu’elle passera des moments souffrants, elle se voit déjà de l’autre côté… de l’autre côte de la maladie. Quelque part dans quatre mois ou dans un an mais elle y arrivera. Cette femme m’inspire. J’ai envie de partager ces moments avec elle. Ce bilan que nous abordons, j’en ai besoin et son énergie, et sa volonté seront d’excellents guides pour moi. D’autant plus que je suis bonne pour colliger des données et leur attribuer un sens. Seulement quand il s’agit de moi, je me perds un peu.

D’autre part cette incursion hors du temps, me donne la chance de regarder la vie à la méthode quantique : dans tous ses états simultanément. J’ai envie de transcender mon cheminement linéaire et voir quels futurs possibles je peux dégager de tout ça. Ensuite choisir cette possibilité et foncer! Quant à Zoé, elle est déjà dans deux états simultanés : malade et guérie en même temps! C’est assez extraordinaire.

On se rencontre à toutes les deux semaines. Demain, elle aura une biopsie. La semaine prochaine, elle débutera sa thérapie anti-cancer et on se voit le samedi. Il faut croire, il faut croire à tout prix.

Bonne chance Zoé!

mercredi 05 mars 2008 - Publié dans la catégorie Réflexion | | 0 Comments

Le sabbat : quand Dieu nous enseigne le développement durable et solidaire

Une des plus belles traditions que le judaïsme peut nous enseigner est le sabbat. Ça signifie beaucoup plus que prendre congé cette journée-là pour aller faire son épicerie (en fait, on est supposé rien faire du tout). On sait tous que Dieu s’est reposé au 7e jour de la création. Et comme les histoires de la bible sont en fait des mythes dans lesquels se cachent un savoir, un enseignement intemporel, j’ai essayé de saisir le sens caché de cette histoire de repos, de retrait. Ce que j’ai trouvé est pas mal plus grand que ça. En fait, le sabbat est un projet de société que Dieu nous a transmis il y a plus de quatre mille ans, sous la forme d’une alliance entre lui et son peuple pour que tous puissent vivre sur une terre sans cesse renouvelée, pleine de richesse. Alors, voyons ce que nous enseigne la bible à ce sujet :

(Dt 5, 14) Mais le septième jour est le jour du repos de l’Éternel, ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bœuf, ni ton âne, ni aucune de tes bêtes, ni l’étranger qui est dans tes portes, afin que ton serviteur et ta servante se reposent comme toi. (Lév. 23,3) On travaillera six jours; mais le septième jour est le sabbat, le jour du repos: il y aura une sainte convocation. Vous ne ferez aucun ouvrage: c’est le sabbat de l’Éternel, dans toutes vos demeures.

De l’hébreu “Shabbat”, sabbat veut dire “sept, arrêt, repos, retrait”. Dieu propose au peuple d’Israël d’observer un jour de repos, le septième jour de chaque semaine pour tout ce qui est vivant. Ce jour du sabbat rappelle également le septième jour de la création, lorsque Dieu s’est « retiré » afin que nous puissions croître. Dieu veut aussi que nous nous souvenions du jour où il a retiré les Hébreux de l’esclavage de l’Égypte :

Dt 5,15) Tu te souviendras que tu as été esclave au pays d’Égypte, et que l’Éternel, ton Dieu, t’en a fait sortir à main forte et à bras étendu: c’est pourquoi l’Éternel, ton Dieu, t’a ordonné d’observer le jour du repos.

Le sabbat qui se vit au septième jour de chaque semaine, se vit aussi à chaque sept ans mais va plus loin afin de permettre à l’environnement de se régénérer et à l’humain de vivre une nouvelle liberté. L’être humain n’a pas à travailler pour se nourrir. C’est une certaine forme de redistribution de la richesse, puisque tout le monde est nourri tout en laissant à la terre le temps de se régénérer.

(Lév. 25, 2-7) Parle aux enfants d’Israël, et tu leur diras: Quand vous serez entrés dans le pays que je vous donne, la terre se reposera: ce sera un sabbat en l’honneur de l’Éternel. Pendant six années tu ensemenceras ton champ, pendant six années tu tailleras ta vigne; et tu en recueilleras le produit. Mais la septième année sera un sabbat, un temps de repos pour la terre, un sabbat en l’honneur de l’Éternel: tu n’ensemenceras point ton champ, et tu ne tailleras point ta vigne. Tu ne moissonneras point ce qui proviendra des grains tombés de ta moisson, et tu ne vendangeras point les raisins de ta vigne non taillée: ce sera une année de repos pour la terre. Ce que produira la terre pendant son sabbat vous servira de nourriture, à toi, à ton serviteur et à ta servante, à ton mercenaire et à l’étranger qui demeurent avec toi, à ton bétail et aux animaux qui sont dans ton pays; tout son produit servira de nourriture.

Et ça va encore plus loin. Le 7e jour, la 7e année, à la fin de la 49e année, 7 x 7 ans… À tous les cinquante ans, les prêtres hébreux font retentir le shofar (le cor, traduit par trompette) pour annoncer le grand sabbat c’est-à-dire le jubilé. Après le repos pour tout ce qui vit, la liberté et la distribution des richesses, lors de ce grand sabbat, Dieu va plus loin dans son alliance avec son peuple et redonne la liberté à tous ceux qui sont appauvris par les dettes. Lors de cette année de grâce, tous peuvent retrouver leurs terres ancestrales et un nouveau départ est permis.

(Lév. 25, 8-16) Tu compteras sept sabbats d’années, sept fois sept années, et les jours de ces sept sabbats d’années feront quarante-neuf ans. Le dixième jour du septième mois, tu feras retentir les sons éclatants de la trompette; le jour des expiations, vous sonnerez de la trompette dans tout votre pays. Et vous sanctifierez la cinquantième année, vous publierez la liberté dans le pays pour tous ses habitants: ce sera pour vous le jubilé; chacun de vous retournera dans sa propriété, et chacun de vous retournera dans sa famille. La cinquantième année sera pour vous le jubilé: vous ne sèmerez point, vous ne moissonnerez point ce que les champs produiront d’eux-mêmes, et vous ne vendangerez point la vigne non taillée. Car c’est le jubilé: vous le regarderez comme une chose sainte. Vous mangerez le produit de vos champs. Dans cette année de jubilé, chacun de vous retournera dans sa propriété. Si vous vendez à votre prochain, ou si vous achetez de votre prochain, qu’aucun de vous ne trompe son frère. Tu achèteras de ton prochain, en comptant les années depuis le jubilé; et il te vendra, en comptant les années de rapport. Plus il y aura d’années, plus tu élèveras le prix; et moins il y aura d’années, plus tu le réduiras; car c’est le nombre des récoltes qu’il te vend.

En plus, Dieu ne permet pas l’amas de richesses que pour la richesse. Il refuse que les uns ne travaillent que pour les autres, réduisant ainsi l’esclavage du travail. De plus, il nous rappelle que nous sommes également des étrangers sur sa « Terre » et que nous n’avons pas le droit d’abuser de son offrande.

(Is. 65, 21-22) Ils bâtiront des maisons et les habiteront; Ils planteront des vignes et en mangeront le fruit. Ils ne bâtiront pas des maisons pour qu’un autre les habite, Ils ne planteront pas des vignes pour qu’un autre en mange le fruit… (Lév. 25, 23) Les terres ne se vendront point à perpétuité; car le pays est à moi, car vous êtes chez moi comme étrangers et comme habitants.

Dans le nouveau testament, Jésus apporte une grande lumière sur la signification du jubilé. Il va plus loin encore. Les humains sont non seulement libérés de la servitude mais aussi de la souffrance :

(Luc 4, 18-19) L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’Il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres; Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé. Pour proclamer aux captifs la délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés, pour publier une année de grâce du Seigneur.

Dans la prière du Notre Père, Jésus nous permet de se souvenir de cette tradition et de l’accomplir :

(Mt 6, 12) Remets-nous nos dettes comme nous les remettons à nos débiteurs.

Pour résumer, d’une part, les humains entre eux, devaient s’assurer de la distribution de ces richesses et permettre à tous d’en jouir tout en respectant l’environnement, d’autre part, la communauté devait pardonner et donner à chacun une chance de se racheter.

Comme nous pouvons le constater, le sabbat est une grande tradition qui fait appel au respect et à la dignité des êtres vivants et de leur environnement. Ne trouvez-vous pas que cette belle tradition correspond en fait à nos notions de développement solidaire et de développement durable ?

Mais avec le développement sauvage d’aujourd’hui et notre course sans fin à la performance, est-il possible aujourd’hui de rétablir cette alliance?

dimanche 03 février 2008 - Publié dans la catégorie Réflexion | | 0 Comments

Le voile qui tue

Un homme de Mississauga, en Ontario, est accusé du meurtre de sa fille. Aqsa Parvez avait 16 ans.

Je suis un peu en retard dans les nouvelles mais je n’ai appris que ce matin la mort de Aqsa causée par son père qui cherchait à lui imposer le voile.

Je n’ai pas de mots pour exprimer le dégoût de cette situation en-dedans de moi. J’entends encore les paroles de certaines musulmanes qui ont déclaré sur la tribune de la commission Bouchard-Taylor l’idée que les filles portent le voile en toute liberté.

Si le port du voile avait été interdit au Canada, Asqa serait encore vivante aujourd’hui.

À savoir si sont père l’aurait tuée pour une autre raison, ça, l’histoire ne le dira jamais.

Et aux modérés qui cherchent à se distinguer des fanatiques tout en défendant le voile, j’ai une nouvelle pour vous : vous êtes tous, modérés et fanatiques, sous l’emprise d’un lavage de cerveau.

Lorsque j’étais adolescente, j’ai fait partie d’une secte. C’était légal, (ça l’est encore) j’y avais droit, mon pays me le permettait. J’étais convaincue du bien-fondé de toutes nos coutumes, nos valeurs et nos rituels. Jamais, je n’aurais cru un seul instant être la victime d’une programmation quelconque. J’étais certaine de ma liberté : liberté de choix, liberté de valeurs, j’étais en contrôle, et je le criais haut et fort.

Or j’avais tort. C’est ce qui est fort avec les religions (secte ou religion, c’est la même chose, une secte, c’est la religion des minorités). On perd sa liberté et on ne le sait même pas. Quelque part, sur la route des croyances, nous perdons notre jugement.

Et je ne m’attarde même pas ici sur le contrôle que les hommes exercent sur les femmes, et sur le fait que les religions entretiennent ce contrôle. J’en aurais pour des pages et des pages.

C’est Aqsa, une adolescente, une personne, un être humain qui est morte.

Est-ce que les modérés, vont continuer à mettre leur jugement de côté pour débattre le port du voile, et ce, sur le dos d’Aqsa, au nom de la liberté de croyance?

dimanche 16 décembre 2007 - Publié dans la catégorie Accommodements pas trop raisonnables | | 0 Comments

Manif au Soudan à cause de toutou Mahomet

Au Soudan, les gens n’ont tellement rien à faire qu’ils vont manifester pour réclamer l’exécution d’une enseignante britannique. Pourquoi? Parce qu’elle a laissé ses étudiants nommer leur toutou Mahomet. Wow! Ça me console en tant que peuple. Même le plus con des québécois n’est pas aussi con de vouloir tuer quelqu’un pour ça. Et quand je pense que les femmes musulmanes sont outrées à la commission Bouchard-Taylor parce que nous nous indignons devant le port du voile. Décidément, quand je me regarde je me désole, quand je me compare, je me console.

Tout ça pour dire qu’il n’y a pas de modération lorsque les dogmes prennent le dessus. Et nous, les Québécois, nous n’avons pas à nous sentir coupables de choisir la laïcité. Nous avons réussi à se libérer des dogmes et de la soumission religieuse. Faut jamais oublier que cette soumission est avant tout humaine et Dieu n’a rien à faire là-dedans. On peut avoir une relation profonde avec Dieu et avec son prochain sans brandir le symbole religieux à outrance. C’est une affaire de coeur.

Où est la piété humaine dans l’affaire du Soudan? Je suis révoltée!

vendredi 30 novembre 2007 - Publié dans la catégorie Accommodements pas trop raisonnables | | 2 commentaires

Le vide qui habite

Être. Vraiment, je n’ai rien senti de plus difficile que cela. Rien à voir avec les qualificatifs que nous nous donnons pour qualifier ce que nous croyons être : femme, mère, épouse, employée, charmante, bouleversante, artiste, rationnelle, orgueilleuse, peintre, rédactrice, professionnelle, soudeuse, et tout le tintouin au masculin aussi. Bref, rien ne nous prépare à la sensation d’être. Pourtant, nous croyons tous y parvenir. Cependant, nous réussissons davantage à avoir qu’à être. Nous performons, nous agissons, nous réagissons, nous bâtissons, nous accumulons, nous gaspillons, nous courrons, nous combattons, nous gagnons notre vie mais être ne fait pas partie de nos réalisations.

Je n’ai pas écrit depuis un bon moment, je n’avais rien à dire. Je me suis recroquevillée sur moi-même pour essayer de découvrir ce qui m’allumait vraiment. Je n’ai peut-être pas réussi à trouver une réponse mais j’ai pu découvrir un nouveau sentiment qui ne m’avait jamais habité auparavant. Un vide immense m’a envahi. Un vide étourdissant, inquiétant, un grand tourbillon qui m’attirait en son centre pour que je m’y perde.

Lors d’une visite chez une tante, je lui confie l’immense vide que je ressens depuis que je suis redevenue en parfaite santé après une longue période de maladie qui dura 10 ans. J’ai maintenant un travail, un peu d’argent, des loisirs, mais j’ai perdu le sens de ma vie. Quel honte! Moi qui croyais que la santé était tout. J’explique que dans ma tête, j’ai un énorme trou noir. C’est alors que son conjoint me dit que je suis très chanceuse. En fait, je pouvais désormais Être tout simplement. Il me dit que si je m’attarde à ce vide, je pourrais enfin sentir ma véritable identité. Il m’explique que je suis en train de basculer vers mon être véritable, qu’il me suffisait de me laisser aller. Ce fut une révélation! Au lieu de paniquer devant ce vide, j’ai décidé de lui porter attention, d’écouter sa vibration. Et c’est alors que j’ai commencé à ressentir.

Et j’ai aussi découvert la difficulté de la chose. J’ai tendance à transformer toute idée neuve en moyen de la rendre utile, performante, efficace et la classer dans des tiroirs pré-ordonnés. Je me rends compte que tout ce que je fais doit avoir un but, un sens, un coût même. Il m’est donc difficile de lâcher-prise et d’être moi-même. Toutefois, l’espoir est là. Pour la première fois de ma vie, le vide me fait moins peur. Je sens que je touche à quelque chose de très important.

Depuis deux mois j’expérimente la méditation chrétienne et dans cette pratique on dit que dans le vide de nos esprits on peut arriver à ressentir la présence divine. J’imagine que c’est une bonne nouvelle en soi. Mais je serais déjà heureuse d’y découvrir un peu plus de moi-même. Dieu ne doit pas être très loin après ça.

Je me sens de mieux en mieux. C’est à suivre…

vendredi 23 novembre 2007 - Publié dans la catégorie Réflexion | | 0 Comments

Femmes voilées et politique stupide

Ottawa vient tout juste de permettre aux femmes au visage complètement voilé de voter (voir cyberpresse). Mais dans quelle sorte de pays de moumounes sommes-nous?

Dans un pays démocratique, ce qui est bon pour un est bon pour tous. Mais je me demande comment on réagirait si toutes les femmes arrivaient voilées aux prochaines élections fédérales? J’aimerais bien tester le système. Mais si mon voisin déclare que je ne suis pas musulmane, je me demande bien si on accepterait de me laisser voter. Mais le problème n’est pas là. Encore une fois nous baissons les bras devant une minorité qui cherche à imposer ses coutumes. Et c’est bien la raison pour laquelle les fonctionnaires acceptent cet accommodement : il s’agit d’une minorité, ça ne peut pas faire de mal. Or voilà, ça fait mal à mes choix et à mes valeurs. Point à la ligne.

Non, vraiment je ne sais pas à quoi joue le gouvernement fédéral mais il joue avec mes nerfs.

jeudi 06 septembre 2007 - Publié dans la catégorie Accommodements pas trop raisonnables | | 0 Comments

Tabou spirituel

Mon cousin m’envoyait récemment par courriel un diaporama sur le rejet de Dieu et la honte de se déclarer croyant.

Le diapo met en lumière le rejet de Dieu de nos institutions, ce que je ne remets pas en question, ou de nos vies, ce que je trouve tout à fait injustifié; il termine son message en parlant de tout ceux qui ont honte de parler de Dieu. Et là, je suis entièrement d’accord. Il est non seulement difficile de parler de Dieu, mais cela est devenu tabou.

Tabou, parce que ça ne fait plus parti des valeurs de notre société, ou bien nous faisons peur car… car… hé bien, je ne sais pas vraiment de quoi ils ont peur finalement. Mais on me fait de drôles de gros yeux quand je parle de ma foi, ou de grands silences au milieu de la conversation, sauf lorsque j’emploie un vocabulaire plus nouvel-âge du genre : l’Infini ou l’Univers au lieu du mot Dieu, méditation au lieu de prières, etc.

Je sais toutefois qu’à chaque fois que je déclare ma foi, je dois toujours me justifier. Je dois dire que je ne vais pas à la messe, que je ne suis plus d’accord avec la doctrine catholique, que je n’adhère pas aux dogmes, etc. Bref tout un préambule avant de poursuivre la conversion qui nous a menés sur l’idée de Dieu. Je trouve cela tellement fatiguant que j’évite d’en parler.

Mais il est d’une autre facette du tabou dont il est question aussi, celui entretenu par « l’establishment religieux » : l’exploration spirituelle.

On parle d’hérésie lorsqu’il s’agit d’explorer de nouvelles façons d’interpréter les écritures sacrées comme les évangiles, l’ancien testament ou le coran hors de leurs dogmes. Je mets ce tabou sur le même pied d’égalité que le tabou sexuel.

Pas étonnant qu’on ne puisse dissocier Dieu des doctrines religieuses dans un tel contexte. L’empreinte du Vatican se fait sentir dans nos conversations. Pour la plupart des gens, Dieu c’est l’extension des dogmes de l’Église. Alors que Dieu est tout sauf ces dogmes.

Soyons clair ici  : 

Dieu n’est aucune religion, aucune doctrine, aucun objet, aucune puissance, il n’est ni grand, ni petit, ni homme ni femme, ni dans le ciel, ni dans le sol, ni en haut, ni en bas. Il est hors du temps, hors de l’espace. Et la bible n’est qu’un ensemble de métaphores et d’allégories destinées à communiquer un enseignement ésotérique. Rien ne doit être pris de façon littérale encore moins historique. À ce titre, tout est permis dans la voie de l’étude spirituelle.

Ceux qui ont peur d’entendre parler de Dieu perdent beaucoup de choses.

Et heureusement pour moi qu’il y a Internet car je me sens terriblement solitaire dans ma quête de Dieu.

mercredi 05 septembre 2007 - Publié dans la catégorie Vivre sa foi au 21e siècle | | 0 Comments

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